Le leaseback, ou cession-bail, consiste pour une entreprise à vendre à un bailleur des équipements qu'elle possède (engins, machines, véhicules, matériel médical) puis à les relouer immédiatement en crédit-bail. Elle reçoit le prix de vente en trésorerie, continue d'utiliser les biens sans interruption et paie des loyers déductibles. L'opération porte sur des matériels récents, identifiables, libres de tout financement, et se monte en quelques semaines à partir de la liste des équipements et des factures d'origine.
Le principe
Une entreprise a payé comptant, ou fini de rembourser, des équipements qui ont encore de la valeur : une pelle, une ligne de production, une flotte de camions, un plateau d'imagerie. Cette valeur dort au bilan. Le leaseback la réveille : le bailleur achète les équipements à leur valeur de marché, verse le prix, et les reloue à l'entreprise en crédit-bail. L'activité ne s'interrompt pas ; les biens ne bougent pas.
Quand y recourir
- Financer une croissance (recrutements, stock, nouveau marché) sans ouvrir de ligne bancaire.
- Reconstituer une trésorerie affaiblie par un retard client ou un investissement lourd.
- Financer une acquisition ou une opération sur le capital.
- Rééquilibrer un bilan en transformant des immobilisations en trésorerie.
Équipements éligibles
Des biens mobiliers récents (généralement moins de cinq à sept ans), identifiables par un numéro de série, dont l'entreprise détient la facture d'origine et qui sont libres de tout financement ou gage. Les engins, machines-outils, véhicules, matériel médical, équipements agricoles et informatique récente sont les cas les plus fréquents. Les biens très spécifiques ou incorporés au bâtiment sont exclus.
Montants et durées
Le prix de cession est fondé sur la valeur de marché, souvent entre 50 et 80 % de la valeur d'origine selon l'âge. La relocation se fait sur 24 à 60 mois selon le matériel, avec une option d'achat symbolique. Les opérations portent généralement sur des ensembles d'au moins quelques dizaines de milliers d'euros.
Fiscalité et comptabilité
La cession dégage une plus-value ou une moins-value imposée selon les règles ordinaires ; la TVA est facturée au bailleur. Les loyers sont ensuite déductibles. L'immobilisation sort du bilan. L'expert-comptable doit être associé au montage pour en mesurer les effets.
Le montage en pratique
- Liste des équipements avec factures d'origine, numéros de série, état.
- Valorisation par le bailleur (éventuellement expertise).
- Offre : prix de cession, durée, loyers.
- Signature de l'acte de cession et du contrat de crédit-bail.
- Versement du prix, démarrage des loyers.
Le leaseback est une opération de financement, pas un signal de difficulté : les entreprises en croissance y recourent pour accélérer sans diluer leur capital ni saturer leurs lignes bancaires.




